Elvas, son aqueduc et le fort de Graça
Je vous propose aujourd'hui le dernier volet de notre escapade de quelques jours en février. Après Estremoz, nous avons fait quelques kilomètres pour atteindre Elvas, toute proche de la frontière espagnole, qui conserve encore de très belles fortifications, intra-muros avec son château, ses remparts et son aqueduc, mais surtout avec ses forts posés sur les collines alentours, protégeant la ville de tous côtés.
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Commençons la visite par le fort de Graça, le plus impressionnant et le mieux conservé.
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Au XVIIe siècle, il existait sur cette colline un réduit espagnol, ayant pour seul rôle de surveiller la vallée. Mais au XVIII°s., la portée de l’artillerie augmentant, la ville d’Elvas pouvait se trouver menacée. C’est pourquoi le comte de Lippe, un anglais nommé commandant et réformateur de l’armée portugaise,jugea nécessaire de transformer ce mont menaçant en principale place forte du pays.
Pour cela, la nécessité était d’avoir des moyens défensifs très importants ( pour qu’il n’y ait aucune possibilité d’être pris par l’ennemi, la ville s’en trouvant alors menacée) sur un espace restreint au somment d’une colline escarpée. D’où la construction d’ouvrages extérieurs le plus profond possible, de souterrains à l’épreuve des bombes pour toute la logistique et un important stock de vivres et d’eau en cas de siège pour un effectif important (1792 hommes). Les murs sont très épais, avec pierres de taille dans les endroits sensibles et voûte semi-circulaire presque partout.
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La construction du fort se fit donc principalement entre 1761 et 1767, mais elle fut effectivement terminée en 1792. Il est conçu sur le 1er système Vauban.
Vu du ciel, le fort présente une symétrie parfaite. Dans un carré de 145 m. de côté,il dispose de 4 bastions d’angle dont les courtines disposent de 4 ravelins les protégeant.
Nous avons passé 5 heures de visite entre ces murailles, nous perdant dans les souterrains et la multitude de passages qui se ressemblent tous,alors tenez-vous par la main, je vous emmène.....
Franchissons le portail d’entrée pour accéder à la place d’armes.
De là, on peut franchir le pont menant à l’intérieur de la forteresse ou parcourir la première enceinte en dominant les fossés, profitant de points de vue variés sur l’intérieur de la forteresse, la ville de Elvas et la campagne alentour.
Sous le porche d’entrée de la 2e enceinte, des escaliers conduisent à l’intérieur des murailles, on parcourt les souterrains, immenses pieces de stockage de l’artillerie et également dortoirs pour les hommes. L’obscurité règne dans ces espaces maintenant vides, pas facile de faire des photos, à part dans les parties réhabilitées plus tard lorque le fort a servi de prison.
Lorsque nous parvenons à nous extraire du dédale des salles en suivant la lumière du jour qui pointe en haut d’un escalier, nous nous retrouvons à l’intérieur de la 2e enceinte.
Un nouveau bâtiment imposant se dresse devant nous, nous sommes petits dans le fossé entre ces deux masses de pierres que représentent la large muraille et le réduit central.
Heureusement, on peut prendre de la hauteur en grimpant sur la muraille et avoir une vue d’ensemble de ce bâtiment à trois étages sur lequel s’élève encore le logis du gouverneur.
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C’est aussi sur ce terre-plain que l’on peut, à chaque angle, visiter les casemates des soldats.
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Allez, accrochez-vous, on redescend pour entrer dans le réduit central.
Ce réduit présente, en souterrain, une immense citerne de huit compartiments qui malheureusement, ne se visite qu’une fois dans l’année.
Au rez-de-chaussée, deux couloirs se croisent dans un espace circulaire central, nous faisant perdre le sens de l’orientation (par quel couloir est-on arrivé ?),la coupole centrale, avec ses 4 hublots qui donnent sur le 1er étage. Entre les couloirs, de nombreuses pièces (hôpital, chapelle, cuisine, réfectoire,...)
Au 1er étage, on se perd de nouveau dans les pièces qui rayonnent du couloir qui entoure la coupole, boulangerie, logements d’officiers, dépôts.
On grimpe encore pour arriver sur la terrasse du réduit central.De là, la vue est spectaculaire.
Mais nous n’avons pas fini de grimper. Au milieu de la terrasse se dresse la maison du gouverneur, avec ses deux étages et sa terrasse constituant un 6e étage.
Encore une fois, les pièces se répartissent en rayonnant autour d’une coupole centrale.
Grimpons encore un peu, par un étroit et raide escalier pour arriver sur la terrasse, de là, le monde semble à nous!
Il nous reste à redescendre, et plutôt que de quitter tout de suite le fort, nous refaisons encore une fois le tour des murailles.
Lorsque nous quittons enfin la colline en début d’après-midi, une bonne collation et une sieste s’imposent. Nous terminerons la journée par une petite balade dans Elvas, mais surtout, nous irons poser nos pas sous l’immense aqueduc qui apportait l’eau à la ville.
Cet aqueduc (construit de 1537 à 1620) relie la ville d’Amoreira à celle d’Elvas sur 8,5 kms, avec 843 arches et piliers, avec une hauteur culminant à 31 mètres.
Cet article est bien long, je vous épargne la visite de la ville, une cité avec encore de beaux bâtiments, églises, enceinte du château, portes, et une ambiance chaleureuse et vivante.
A la prochaine fois !